Personnages Historiques

1844 — 1906 (Bénin)

Béhanzin

Le roi Béhanzin est connu pour la férocité avec laquelle il s’est opposé à la domination coloniale de son royaume par la France. Jusqu’à la fin de sa vie, il plaidera la cause de son royaume, le Dahomey.

Le roi Béhanzin ou Gbêhanzin est le nom de règne d’Ahokponou Nyakaja Honsinyenli. Né en 1844,  il est le fils du dixième roi du Dahomey Glèlè et d’une prêtresse Vodun. Il connaît une éducation de prince et va à l’école de l’ancien roi Adandozan. Après la mort mystérieuse de son demi-frère le prince héritier Ahanhanzo,  Ahokponou devient prince héritier sous le nom de Kondo. À cette époque, la France et le Portugal convoitent le Dahomey pour ses ressources et sa position géographique stratégique. Le roi Glèlè fragilisé par la maladie confie à son fils la tâche de négocier avec la France les dossiers politiques et commerciaux. Le 30 décembre 1889, le prince héritier Kondo devient le onzième roi du Dahomey sous le nom de Béhanzin. Ce nom est tiré de la phrase « Gbè hin azin bo aï djrè : « L’univers tient l’œuf que la terre désire. »» Un de ses symboles de règne est un requin qui caractérise sa volonté de défendre le royaume des ennemis qui viendront par la mer conquérir le Dahomey. Un an après son ascension au trône , plusieurs conflits armés éclatent entre son armée et l’armée française. En effet en 1890, la France impose un protectorat à Porto-Novo, le royaume voisin du Dahomey et de Cotonou est occupé dans la foulée. Pour protéger son royaume, Béhanzin arme et renforce son armée. Après une attaque sur Cotonou et une destruction importante des palmiers (matière première exploitée entre autres par la France), Béhanzin pousse la France à négocier. Le 27 mars 1892, après une attaque sur un cortège français dans lequel se trouve le résident français de Porto-Novo, la France ordonne au colonel Dodds, un métis sénégalais, de marcher sur Abomey. Béhanzin rassemble une armée de 12000 soldats, dont les redoutables femmes soldats du Dahomey. Malgré une farouche résistance, l’armée du Dahomey compte 2000 morts et 3000 blessés. L’armée du Dahomey est affaiblie, et une négociation de paix est entamée entre les deux camps. Les Français ont des exigences qui vont à l’encontre des valeurs du royaume, Béhanzin refuse. Le général Dodds poursuit sa marche et entre dans le Dahomey en novembre 1892. Le nord du Dahomey est conquis en septembre 1893. Béhanzin se replie dans le maquis. Arrêté en janvier 1894 et exilé en Martinique, Béhanzin continue à plaider la cause de son royaume dans les lettres qu’il écrit. Il meurt le 10 décembre 1906 à Bilda en Algérie.

Sources :

  • Albert Adu Boahen, dir., Histoire générale de l’Afrique, t. VII : L’Afrique sous domination coloniale, 1880 – 1935, Paris, Unesco, 1989.
  • Tognimassou, G. Musée historique d’Abomey, Le roi Gbêhanzin et la résistance aux Français [en ligne], http://www.epa-prema.net/abomey/pedago/behanzin.htm#note1 (17.10.2021).